Juste à ce moment, un homme tourmenté par un esprit mauvais apparut dans la synagogue. Il cria: - Que nous veux-tu Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous détruire? Je sais bien qui tu es: le Saint envoyé de Dieu! Jésus parla sévèrement à l'esprit et lui donna cet ordre: - Tais-toi et sors de cet homme! L'esprit mauvais secoua rudement l'homme et sortit de lui en poussant un grand cri. Marc 1, 21-26.
Nous sommes des trappistes, des cisterciens de la commune observance et nous avons la règle de St Benoît. En Belgique il y a 12 monastères trappistes, 6 pour les hommes et 6 pour les femmes; ce qui est beaucoup. Mais nous sommes peut être bien la communauté avec la plus longue histoire dans la mesure où on a été fondée en 1070 donc déjà avant Citeaux, on était Bénédictins à l'époque, et on est devenus Cisterciens en 1132. Je ne dis pas que cela nous fait honneur, mais on est fiers que ce soit ainsi. Nous sommes de la filiation de St Bernard, qui est passé par ici, St Bernard de Clairveaux. Et alors on a connu une longue histoire, jusqu'à la révolution française; comme on croyait que Louis XVI s'enfuyait vers Orval on a détruit le monastère qui de toute façon aurait été détruit après... et on a recommencé en 1926. Ce qui explique l'aspect un peu monumental de l'abbaye d'Orval c'est que on a été refondé comme un monument national, en fait, vu l'histoire et vu les circonstances dans lesquelles on a recommencé parce qu'on aurait dû accueillir deux monastères français d'abord comme maison de refuge, du temps de Clémenceau en France. Mais comme la loi de l'expulsion n'a pas été votée, les monastères c'est à dire la Trappe et Sept-Fons ne sont jamais venus jusqu'ici sauf la Trappe a donné le Moine Belge qui est devenu le mythe fondateur de la nouvelle communauté. Et Sept-Fons a fermé une fondation au Brésil, qui sont donc devenus les premiers moines d'Orval et avec vocation d'agir par probité. C'est une vie de prière et de travail dans une communauté qui vit en même temps dans la solitude. Ça se sont un peu les caractéristiques de notre vie.
Nous sommes dans une longue tradition, et nous espérons évidemment que la tradition puisse continuer ce qui suppose qu'il y ait des vocations, et il y a certainement des vocations mais il faut qu'on les découvre chez soi-même. C'est quand même un assez long cheminement parce qu'on veut s'assurer pour le bien du candidat et aussi pour le bien de la communauté, que ce soit une vocation authentique. Ce qui veut dire qu'on vient d'abord quelque-fois pour faire connaissance, et on respecte très fort l'appel que chacun peut ressentir, on essaye de le clarifier. Et alors après quelques temps on entre, et on a la structure classique dans la vie monastique. D'abord quelques mois de postulat comme on dit, on reste en civil. Et après trois ou six mois on reçoit l'habit, on commence son noviciat pendant deux ans. On reste libre en fait, on peut quitter tous les jours, ou bien la communauté peut demander de ne pas continuer, si ce n'est pas la vocation. On fait des évaluations, et après deux ans on peut faire un premier engagement de trois ans, après que la communauté a voté pour le candidat. Et après les trois ans, donc ça veut dire déjà cinq ans et demi presque au total: postulat, noviciat plus l'engagement temporaire. Après cinq ans , cinq ans et demi, on peut s'engager définitivement, éventuellement, si l'on tarde pas encore pour l'engagement définitif. Donc ça montre la prudence dans la vie monastique pour s'assurer que ce soit vraiment pour la recherche de Dieu que l'on soit entré et pas pour des choses trop secondaires, et en même temps qu'on ait acquis la maturité nécessaire humaine et spirituelle avant qu'on s'engage définitivement.